Présentation
Organisation
Biographie
Mission

 
En savoir plus

Mettre fin à la bipolarité de notre système éducatif (papier)


Nouakchott, 11 août (AMI) - Les pouvoirs publics ont entrepris ces dernières années une réforme de l'enseignement afin de transcender la problématique de la bipolarité consécutive à la privatisation du secteur et,
 partant, à combler les lacunes constatées auprès des étudiants en matière de langues étrangères.
Notre système éducatif avait connu ces dernières années un développement quantitatif remarquable et une augmentation de l'extension géographique des établissements, autant d'acquis qui resteront dérisoires s'ils ne sont pas appuyés par une amélioration qualitative par la protection de cette extension et par l'interdiction des recrutements abusifs qui conduisent à l'encombrement des classes.
C'est dans ce cadre que s'inscrit la réforme d'avril 1999 du système éducatif qui est axée sur les points suivants:
- uniformisation du système éducatif en mettant fin à son dualisme à la fois coûteux et à la rentabilité douteuse;
- renforcement des acquis réalisés et l'engagement ferme à favoriser l'ouverture de notre système en fixant, à nouveau, les contenus, les pratiques et l'administration;
- fixer les grands choix et prendre les mesures structurelles importantes (la maîtrise, le budget et les modalités de gestion).
A cette fin, le gouvernement a décidé à l'époque, dans le cadre de la mise en oeuvre de cette réforme, l'exécution d'un programme décennal de développement du secteur de l'éducation.
Ce programme comporte des stratégies et des activités qui participent à la reformulation du système éducatif mauritanien en rectifiant les erreurs du passé, corrigeant les déséquilibres constatés dans le domaine de la gestion administrative et pédagogique et en introduisant des améliorations porteuses à l'avenir.
Le secteur de l'éducation a mis en oeuvre au cours des dernières années les plans d'action restant du programme de développement du secteur éducatif qui constitue un plan de 10 ans visant à disperser un éducation qualitative pour tous les mauritaniens (enfants et adultes).
Ce programme, lancé en 2002, vise à consolider les acquis, corriger les inadéquations et poursuivre la réforme du système éducatif national.
Les grandes orientations stratégiques de ce programme visent, entre autres à :
- améliorer l'action pédagogique et renforcer la continuité du système;
- consolider la qualité de l'enseignement;
- rationaliser la gestion des ressources humaines, financières et matérielles;
- limiter les écarts entre les sexes, les wilayas et les zones.
La mise en oeuvre de cette stratégies intervient dans un contexte marqué par la validation du Cadre Stratégique National de Lutte Contre la Pauvreté, l'annulation de la dette des pays pauvres et l'engagement de la communauté internationale à soutenir "l'éducation pour tous" comme prévu lors de la rencontre de Dakar.
L'organisation du suivi de l'exécution des plans d'action de la réforme du secteur de l'éducation nationale requiert une évaluation de ce qui a été réalisé et la disponibilisation de données globales et précises de façon cantine, convenable et moderne.
Pour répondre à ce besoin, la direction de la réforme au ministère de l'enseignement fondamental et secondaire, dispose d'une base de donnée à même de permettre l'exploitation et l'analyse des données statistiques collectées au niveau des établissements scolaires à tous les stades de l'enseignement.
Ce système informatisé de données statistiques permettra de répondre au besoin en matière d'outils de gestion, notamment les indices qui permettent :
-la réalisation des études de diagnostic et d'analyse sectoriels,
-la mise en place de politiques pédagogiques quantitatives,
-le suivi des activités programmées dans le cadre de la stratégie,
-l'évaluation de ce qui a été réalisé en terme d'objectifs généraux et spécifiques,
-l'orientation des acteurs et partenaires en ce qui concerne les forces et les faiblesses du système éducatif.
L'Agence Mauritanienne d'Information à recueilli les points de vues des certains partenaires de l'action éducative pour démontrer les avantages et les inconvénients de la réforme du système éducatif national.
Dans ce cadre, M. Abdellahi Ould Abdel Wehab, professeur du secondaire, a indiqué que la famille scolaire a discuté largement de ce sujet avec le ministre de l'éducation nationale à l'époque, et ce lors d'une réunion au cours de laquelle les participants ont précisé que les justificatifs présenté par le ministre étaient loin d'être convaincante, surtout en ce qui concerne la question des langues étrangères.
Il a précisé que les principaux inconvénients de la réforme sont la négligence des matières d'instruction islamique de façon graduelle et leur élimination au niveau du baccalauréat, où l'instruction islamique n'est plus considérée comme une épreuve dans ce diplôme.
 Le professeur a souligné l'importance de l'enseignement des langues étrangères et des expériences des autres dans le développement du système éducatif, précisant que celà ne doit se substituer à l'héritage civilisationnel du pays et de ses valeurs.
Il a également indiqué que la priorité doit être accordée aux matières à caractère nationales, comme l'arabe et l'instruction islamique, en leur accordant des coefficients importants sans toutefois négliger les autres matières pédagogiques.
Pour sa part, M. Cheikh Ould Mohamed Salem, un enseignant du primaire a noté que la réforme traduit les mauvaises intentions du régime déchu, précisant qu'elle "a été dictée par les puissances étrangères."
Il a également souligné que cette réforme n'est pas nationale, précisant que la situation éducative en Mauritanie reste toujours marquée par l'absentéisme, les perditions et le surpeuplement des classes.
M. Cheikh Ould Mohamed Salem a précisé que toute réforme ne tenant pas compte de l'amélioration des conditions morales et matérielles de l'enseignant n'aura aucun impact sur le système éducatif national.
Il a souligné que les moyens financiers du département permettent de réaliser cet objectif, précisant que les enseignants doivent profiter de la plus grande partie du budget du ministère, car, a-t-il dit, ils sont les premiers concernés par la gestion pédagogique.
Quant aux élèves rencontrés, ils ont, tous, convenu que le système éducatif n'a pas encore changé, précisant que la réforme se base sur certaines matières et néglige d'autres. Ils ont souligné l'absentéisme des enseignants, leur incompétence et leur mauvaise formation.


Copyright MEUH 2006 Tous droits réservés